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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 11:09

Il y avait dans le déplacement hier 
du président de la République à 
la Roche-sur-Yon comme un air de conduite magique, dans le genre danse de la pluie. Évoquant le « thème » de l’emploi, comme si le seul énoncé du nom allait faire exister la chose, il n’y a fait aucune annonce, mais, en communication sans doute avec de mystérieuses ondes échappant au commun des mortels et au quotidien des Français, il a exprimé son sentiment qu’il y a « quelque chose qui se passe ». « C’est encore très fragile, très précaire, mais il y a quelque chose qui se passe dans l’économie. »

 

C’est évidemment par le plus grand des hasards que les services de l’Élysée annonçaient le matin même que le dispositif des contrats d’avenir était monté en puissance en juillet, ce qui confirmerait « l’accélération attendue à partir de l’été ». On ne doute pas que ces services feront tout leur possible pour donner du crédit à cette affirmation. Car la stratégie du président devient aussi claire que de l’eau de la Roche-sur-Yon. Elle ressemble à ces classiques tours de passe-passe où nous nous émerveillons de retrouver dans le paquet de cartes celle que nous avons choisie.

En d’autres termes,


si jamais la conjoncture s’améliorait, on ne sait trop comment, ce serait la preuve que le gouvernement a bien agi et vu juste.


Si elle continuait à se dégrader, ce qui est plus que probable, l’opération de communication du président en ce début de mois d’août prouverait qu’il a tout fait pour qu’il en soit autrement mais que la crise économique est décidément plus forte et que la danse de la pluie ne commande pas à tous les nuages.

 

Il n’est pas exclu d’ailleurs que l’Élysée ait en réserve quelques autres tours de sa façon de nature à jouer pour la fin de l’année sur la courbe du chômage. Façon trêve de Noël avant de repartir de plus belle.


Certes, si quelques milliers de jeunes peuvent bénéficier avec les emplois aidés d’un véritable départ dans la vie active, on ne peut que s’en féliciter, mais cela ne fait pas une politique. Hier encore, 
le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, lisait dans 
le rapport du FMI sur l’économie française un plein accord avec la politique du président et du gouvernement : « Sur la nécessité de donner désormais la priorité à la croissance, ce qui passe par un rythme d’ajustement de finances publiques raisonné et la mise en œuvre de réformes ambitieuses en faveur de l’emploi et de la compétitivité. »


On peut retenir sans doute du rapport du FMI qu’il redit, une nouvelle fois, qu’une austérité trop brutale peut entraîner la récession.


  Mais c’est pour nous recommander tout aussitôt de poursuivre dans les voies qui ont conduit à la crise avec les recettes qui pèsent de plus en plus lourdement sur la croissance réelle.


Mise en cause du Smic, assouplissement des rigidités du marché du travail, pressions sur les retraites, la santé, les services publics. Comme l’écrit la CGT, le FMI, qui a fini par reconnaître l’échec de ses préconisations pour la Grèce, « préconise 
les mêmes recettes pour la France ».


Mais voilà que tout frémissant comme un élève appliqué flatté par le maître, Pierre Moscovici 
« se félicite que le FMI salue l’ampleur des réformes engagées en France pour redresser notre compétitivité, développer notre croissance potentielle, améliorer 
le fonctionnement du marché du travail, sauvegarder notre régime de retraites, moderniser l’action publique, réguler le secteur financier et simplifier l’environnement réglementaire des entreprises ».

 

C’est à lire évidemment au mot à mot, en rapport avec les réalités que chacun d’entre eux recouvre, comme un masque souriant sur un visage de fer.


Un de ces tours de passe-passe où nous retrouvons dans le paquet de cartes celle que nous avons choisie.


dans l'Humanité du  7 Août 2013

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 13:00

Chaque matin, les radios mentent : « Il n’y a plus d’argent dans les caisses. » « Si on ne rembourse pas la dette, nos enfants devront la payer. » « Chaque enfant qui naît, naît avec 25 000 euros de dette sur la tête. » « Un État, c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne. » « On dépense trop. » « Il faut faire des économies. » Comment comprendre que tout ça est de la propagande pour vous faire bosser plus en vous donnant moins ?


Comment admettre que notre gouvernement de gauche reprenne ces leitmotivs ? Et qu’incroyablement, il vienne de décider d’un budget d’austérité 2014 qui s’avère un record dans les annales. Pourtant, la preuve est faite, année après année : la dette publique de la France s’élevait à 85,9 % du PIB, fin 2011, et à 90,2 %, fin 2012. Elle a atteint 91,7 % à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Quelle est cette politique qui aboutit au contraire de ce qui est escompté et annoncé ? À quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011, à 4,8 % en 2012, qu’il atteigne 3,9 % du PIB en 2013 ? Il est fixé à 3 % en 2014 et à 0,5 % en 2017 pour obéir aux libéraux de Bruxelles et au TSCG (« traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » sic).


Mais au fur et à mesure, la dette publique augmente de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que cet argent qui sert à rembourser la dette, ces économies qui sont faites sur les dépenses, induisent stagnation de la croissance et récession. Le blocage du SMIC et le gel des points d’indice des fonctionnaires, la baisse des salaires et des retraites aboutissent à celle des recettes fiscales et sociales. La stagnation des salaires et des prestations sociales exigée par le MEDEF et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés. C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaires baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. C’est comme un jardinier qui arrose le fleuve pendant que son jardin dépérit.


Donner priorité à la dette et à la réduction des déficits, c’est jeter des steaks aux requins, mais c’est aussi les enlever de la bouche des passagers du navire. Sans desserrer l’étau usurier des banques privées, sans remettre en cause les dettes publiques de l’État, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, il n’y a pas d’issue.


En un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir. Au lieu de nous serrer la ceinture, de nous flexibiliser, il faut travailler mieux, moins, tous, et gagner plus... Tout de suite. Il va falloir être nombreux – comme au Portugal, en Turquie, en Égypte, au Brésil – à manifester à la rentrée en défendant nos retraites, pour que la gauche entende cela.

 


Gérard Filoche, inspecteur du travail

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 18:49

Le chef de l'Etat a ciselé son crédo réformiste devant un cercle de journalistes. Justifiant implicitement ses reculs en rafales après ses engagements électoraux, il a décrit «un contexte de marges de manoeuvres limitées». Il s'est surtout découvert plus qu'à l'accoutumé en expliquant «qu'un cap plus à gauche» conduirait à plus de déficits et à «déséquilibrer les entreprises». En bonne traduction, cette saillie signifie que la porte à droite est la seule qui vaille pour un président élu sous bannière de gauche... Copé, Sarkozy ou Fillon n'en demandaient sans doute pas autant.


Restons au niveau de l'angle de tir de François Hollande. Laissons nous-même de côté l'essentiel qui reste pourtant son immédiate et totale soumission à l'Europe de droite, via sa signature au bas du Traité «Merkozy». Tenons nous en aux «marges limitées», et posons la question: la marge de 20 milliards annuels dégagée, selon les préconisations du rapport Gallois, pour la «compétitivité des entreprises», pourrait être utilisée à d'autres fins que les intérêts des actionnaires qui en bénéficieront principalement, non? Par exemple, en les injectant dans des investissements publics créateurs de croissance, d'emplois et donc de résorption des déficits.


Il est à noter que la gauche du Parti socialiste partage notre point de vue, mais qu'elle est invitée à se taire sous peine de représailles elyséennes aux élections de 2014.

 

Ainsi va la gouvernance du «cap à droite». Le cap de bonne espérance se situe à l'opposé.


Christian AUDOUIN dans l'Echo du 23-07-2013

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 08:12

Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias et gouvernants se prévalent de leur disposition à bousculer les « archaïsmes » et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et prestations sociales. Il existe pourtant bien un tabou pénalisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’emploi : le coût prohibitif du capital.

 

Il serait sans doute passionnant de refaire le trajet d’ivrogne, tortueux et chaloupant, parcourant toute l’Europe, qui a finalement abouti à ramener tous nos maux à des questions de compétitivité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés la crise des subprime, la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciations d’actifs, l’effondrement du crédit, la tétanie de la demande, la transformation des dettes privées en dettes publiques, les politiques d’austérité. ...

 

article complet de Laurent Cordonnier

dans Le Monde Diplomatique

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 15:04

«Retenez-nous ou nous faisons un malheur»,

grondent dans les médias les ministres d’Europe Ecologie.


Mais personne ne les retient au gouvernement et cependant ils y restent, avaleurs de couleuvres impénitents... Delphine Batho, ministre socialiste, a subi les foudres de François Hollande pour avoir dénoncé un «mauvais budget pour l’écologie», réduit de 7 % en 2014, soit le plus fort pourcentage de baisse prévu à l’échelle des ministères. C’est elle, en défenseur des causes de l’écologie et de la transition énergétique, qui a eu l’audace de dire non. Pas ses collègues verts, même s’ils conservent en mémoire, comme tout le monde, l’engagement électoral formel du chef de l’Etat: faire de la France «la nation de l’excellence écologique».


En vérité, Cécile Duflot, Pascal Canfin et leurs amis, payent le prix de leur fragilité dans leur rapport avec le parti socialiste dont ils sont dépendants en échange de maroquins. Leurs députés n’ont-ils pas été octroyés par la rue de Solferino, au travers de candidatures communes PS-Verts, dans l’intention de faire pièce aux communistes et au Front de gauche? Depuis, rien n’est épargné aux Verts, pas même la responsabilité de la déroute de Villeneuve-sur-Lot! On leur souhaite de retrouver leur centre de gravité dans les meilleures conditions, car l’avenir à gauche aura besoin de tous les sursauts.


Delphine Batho n’a pas été sanctionnée seulement à propos d’un conflit budgétaire. On ne lui a surtout pas pardonné d’avoir osé déclarer: «On est dans un moment où les Français doutent. Il y a une déception à l’égard du gouvernement. Il y a un doute sur notre volonté de changement.»


La vérité est pourtant bonne à dire.


Christian AUDOUIN dans l-echo du jeudi 4 juillet

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 20:20

hollande-conf-socialePeu convaincante, brouillonne et poussive... l'ouverture de la deuxième conférence sociale par le Président de la République ne restera pas dans les annales. Sa longue allocution s'est résumée à un très malhabile service après-vente des politiques gouvernementales et une justification bancale de sa réforme des retraites.

 

     Pour le Président, allonger la durée de cotisations est la mesure la plus « juste ». Rien de plus faux. Il n'y a aucune justice, aucune égalité, dans la poursuite du démantèlement du droit à la retraite à 60 ans, conquête historique de la gauche. Il y a une erreur stratégique de calendrier et de méthode. Le rapport Moreau ne peut être une base sérieuse de négociation pour assurer l'avenir de la retraite par répartition, tant il ne prend pas en compte une dimension pourtant indispensable : l'emploi. C'est là que le bât blesse, dans la faiblesse des propositions Hollande en matière d'emplois privés et publics, dans ce défaitisme face au chômage, et dans le refus idéologique d'augmenter les salaires et de mettre à contribution les revenus financiers.

 

Le Président fait le choix d'une réforme à la hussarde, en plein trêve estivale. Nous ne laisserons pas faire. L'avis des principaux intéressés que sont les salariés et les retraités doit primer. D'ores et déjà le Parti communiste français appelle à la plus large mobilisation.

 

Pierre Laurent secrétaire national du PCF

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 06:58

Ce qui serait surprenant,

c’est d’être surpris

par le résultat de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot.


Tous les ingrédients étaient en effet réunis pour aboutir à l’élimination du candidat socialiste et à une finale UMP-FN dimanche prochain.


La politique gouvernementale déçoit les électeurs

qui ont donné la victoire à François Hollande.

Depuis un an, quelle réforme a répondu peu ou prou

à leurs attentes?

A l’Elysée et à Matignon, toute décision reste subordonnée à la sacro-sainte réduction des dépenses publiques et au retour à marche forcée aux 3 % de déficit exigés par Bruxelles. En l’absence d’investissements pour la relance, l’emploi chute et le pouvoir d’achat recule. La réforme des retraites annonce d’autres jours sombres.


En Lot-et-Garonne comme ailleurs, ce ne sont pas les applaudissements mais les sifflets qui dominent!

Voilà donc l’espace dégagé pour la revanche de l’UMP et la montée du FN…


Bien sûr, le cas Cahuzac est venu tout aggraver. Le personnage synthétise jusqu’à la caricature la mutation sociale libérale : l’engagement en politique par et pour l’argent, le grand canyon entre les paroles et les actes, l’hypocrisie et le cynisme dans le rapport aux citoyens. Comment ne partagerait-on pas le désarroi et la colère éprouvés par nombre de socialistes à «la base» ?


Poursuivre dans la même voie,

c’est programmer avec certitude de nouvelles défaites

pour l’ensemble du peuple de gauche.  

 

Le changement de cap auquel travaille le Front de gauche

est une perspective qui s’impose.


Christian AUDOUIN

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 13:25

A l’exception du «mariage pour tous», il n’est guère d’engagements du candidat François Hollande qui n’ont pas subi le rabot ou l’égoïne du nouveau chef de l’Etat. Si peu nombreux étaient ceux qui attendaient de lui un parcours rectiligne, en revanche, ils étaient une majorité à souhaiter que la trajectoire file peu ou prou le train du changement, sur la voie de gauche. Arrimé à la machine libérale allemande, soumis aux désastreux traités européens, François Hollande n’a pas pu, ou su, ou voulu faire éclore quelques fleurs de ses promesses…


Résultat : la France s’immerge dans la récession et les tenants du libéralisme exultent en invitant le locataire de l’Elysée à tenir le cap!


Une large part de cette situation difficile pour tous, y compris pour le parti socialiste lui-même, provient du rapport des forces à gauche issu des élections législatives qui ont accordé la majorité absolue au parti du président; délices empoisonnés de la cinquième…

En clair, maîtres de tout, les gouvernants socialistes font comme ils l’entendent et non comme l’entend la majorité pluraliste de leurs électeurs!

Il en serait autrement si, pour avoir la majorité au parlement, la direction de l’Etat avait besoin des suffrages des autres composantes de la gauche. Une telle condition n’est d’ailleurs pas à exclure au cours de ce quinquennat. En un an, les socialistes ont perdu cinq députés, dont deux dimanche auprès des Français de l’étranger. Leur majorité absolue ne tient plus qu’à trois sièges. Et comme leur politique va continuer à décevoir…


Christian AUDOUIN

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:40

La commission de Bruxelles, par la voix de son ineffable président Barroso, a donné hier ses ordres à l’Etat français. «Un message d’exigence» a-t-il été sèchement précisé.


Les ordres sont nets : réforme du système des retraites dès cette année, avec obligation de s’en prendre à la durée, aux taux, aux régimes spéciaux, à l’âge minimum mais «sauf à la contribution des employeurs».

 

A ces joyeusetés s’ajoutent les injonctions de réduire le coût du travail, de «lancer en urgence une réforme de l’assurance-chômage et du marché du travail», d’assainir les dépenses publiques… Et au cas où certains esprits optimistes donneraient encore une interprétation positive du délai de deux ans accordé à la France par Bruxelles pour revenir dans les clous des 3%, Barroso pratique la douche froide en assénant que «ces deux années supplémentaires ne sont pas une solution de facilité, au contraire, c’est une exigence que la France fasse les réformes indispensables». Nous voilà prévenus : le sang et les larmes sont au programme de notre mise en coupe réglée par l’austérité et l’application des dispositifs du traité Sarkozy-Merkel-Hollande. La dictature libérale bat son plein. Tous les pays de l’Europe communautaire sont devenus des Etats-vassaux de la «règle d’or» et des marchés financiers.


C’est inadmissible pour les souverainetés populaires à l’échelle de chaque nation. Mais en France, ça tombe bien : les choix politiques sont actuellement conformes aux ordres européens. Cela n’empêchera pas, au contraire, de le payer en récession et en chômage de masse.

 

Christian AUDOUIN

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 08:24

Dessin-der_33.jpg

 

no comment !

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