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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 14:03

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La pensée sous uniforme prédomine dans certains médias nationaux. Des lecteurs l’ont précédemment fait observer dans ces colonnes. Elle s’affiche notamment lors de pseudo-confrontations entre commentateurs ou experts politico-économiques triés sur le volet (par qui ?). France Info et BFMTV, entre autres, mobilisent régulièrement pour eux micros et caméras, dans des mises en scène Canada Dry : ça revêt des allures d’opposition entre sensibilités droite-gauche, mais sans aller au-delà des postures de circonstance. Leurs échanges à propos des orientations et de la gouvernance de François Hollande sont significatifs à cet égard. Ainsi, nos squatters de studios déposent-ils facilement les armes au pied d’un consensus de boudoir, en gratifiant d’une seule voix le président de progrès en matière de « cohérence et de lisibilité », condition absolue, selon eux, pour un retour en grâce dans l’opinion. Enfin ! s’extasient-ils, en brandissant sans ambage son social-libéralisme, François Hollande se hisse au niveau « du vrai chef d’état que la France appelle de ses vœux ». Autrement dit, son programme super-austéritaire clairement assumé avec le Premier ministre, serait attendu par une majorité de Français, « à l’insu de leur plein gré ». Car, selon les mêmes, les réductions drastiques des dépenses publiques, du pouvoir d’achat et du nombre des fonctionnaires, de la part consacrée aux services publics et aux prestations sociales, constituent l’ardente et seule obligation pour faire baisser la dette et relancer la croissance... La niaiserie feinte ou réelle de ces palabreurs patentés les pousse à expulser du champ de leur raisonnement le rejet massif des choix libéraux exprimés lors des élections municipales. Il est vrai que F. Hollande, lui-même, s’assoit sur le résultat des urnes en proclamant : « je vous ai compris, donc je vais plus vite et plus fort dans la même direction ! ».


C’est l’évidence même, l’absence de contradictions sérieuses dans la plupart des débats médiatiques, se fait cruellement sentir.

---Personne n’est mis en mesure de critiquer fondamentalement « le projet-phare de responsabilité », qui accordera des dizaines de milliards de cadeaux aux entreprises (financés par la réduction des dépenses publiques et par la TVA), à commencer par celles qui réalisent de somptueux bénéfices sans pour autant créer d’emplois.

 ---Personne, pour rappeler que la chute des investissements publics et de la consommation populaire, génère un chômage croissant.

 ---Personne, pour dénoncer l’une des faces cachées du programme d’austérité : aux exonérations de « charges » s’ajouteront de nouveaux avantages fiscaux dont se gaveront les actionnaires, soit la baisse de 39 % à 28 % du taux nominal de l’impôt sur les sociétés, ou encore la suppression de la surtaxe au-delà de 250 millions d’euros de chiffre d’affaire et celle de la contribution sociale de solidarité au-delà de 760.000 euros... Quant aux petits commerçants et artisans, ils ne sont pas conviés à la fête.


Disons-le tout net : la rareté récurrente d’invitation dans les médias audio-visuels de journalistes de l’Humanité, de La Marseillaise, de l’Écho, de Politis..., mais aussi d’économistes travaillant hors des sentiers battus des dogmes libéraux, est un défi au pluralisme de la pensée et à l’intelligence collective.

 

                                                                                                                                                              La chronique de Christian Audouin
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 13:33

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La gouvernance austéritaire sur le dos des faibles et des moins fortunés, fait vibrer d'aise les beaux esprits. Pour Vincent Peillon, ex-ministre socialiste, la conversion de son parti au courant libéral et à l'austérité qui en résulte, procède «d'une révolution intellectuelle». A ce compte-là, mieux aurait valu que le PS renonce à toute forme de révolution ! Quant à Michel Barnier, commissaire européen et ancien ministre de Sarkozy, le choix de l'austérité appartient selon lui «au devoir d'intelligence nationale», ce qui invite à penser que ce technocrate a rompu les amarres à la fois avec l'attachement national et le sens commun de l'intelligence... Coluche aurait grincé : «Rigolez pas, c'est quand même ces types qui nous gouvernent, et avec notre pognon» !


Osons le dire tout net : les chantres de la baisse des dépenses publiques, de la réduction du pouvoir d'achat des catégories populaires, de la détérioration des prestations sociales, sont affligés d'aveuglement, d'insensibilité et de suffisance (ça fait en effet beaucoup...).

 

Aveuglement : depuis le temps que l'austérité est appliquée en Europe pour obéir aux «marchés», comment peuvent-ils ne pas admettre, face à l'évidence des faits, qu'elle produit précarité, chômage, pauvreté et chute de la croissance ?


Insensibilité : les mercenaires de l'austérité ont oublié, ou n'ont jamais connu à titre personnel, les affres et les dégâts du manque d'argent et de la pauvreté. Que savent-ils des fins de mois qui démarrent le 15 ou le 20, des arbitrages entre nourriture, carburant et loyer, du renoncement à certains soins, aux loisirs, aux vraies vacances ? Que connaissent-ils de l'image dégradée de soi, de l'appréhension du regard des autres, des tentations au repli ou à la fuite vers l'improbable ?


En mettant en selle un plan de 50 milliards «d'économies», en augmentant les taux de TVA, cette imposition des pauvres, le gouvernement, soutenu par la droite de «l'intelligence nationale», sans oublier Pierre Gattaz, contribue directement à la fabrication de millions de vies de souffrances et de tristesse... Et la suffisance, me direz-vous ? Terrible à constater : tout un pan de ces libéraux, anciens ou de fraîche date, pense que la misère est une mauvaise chose, mais que ceux qui la subissent doivent aussi s'en prendre à eux-mêmes, puisqu'ils «n'ont pas su réussir dans la vie». Regardez-nous, ajoutent nos beaux esprits accrocs de l'austérité pour les autres, ne sommes-nous pas la preuve que la réussite individuelle est à la portée de tout un chacun ?


Le « gel » des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, est devenu la pierre angulaire des virages anti-sociaux du gouvernement. La rigueur polaire n’est cependant réservée qu’aux gens du peuple car, pour la France des privilégiés, prédominent des températures tropicales. Il en est ainsi pour les actionnaires des sociétés du CAC 40 dont « les revenus en dividendes ne diminuent pas » (Le Monde du 7 mars). 81 % des 48 milliards de bénéfices nets leur sont en effet attribués… Il suffirait d’un an et demi de « gel » de ces versements pour injecter 50 milliards de recettes supplémentaires dans les caisses de l’Etat, et annuler ainsi les effets désastreux prévisibles du plan Valls, pour la consommation et le taux de croissance. Il n’en sera rien et Jaurès se retournera encore dans sa tombe…


Christian AUDOUIN
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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 18:22

Gattaz est frappé d'incontinence libérale. Après avoir obtenu de Hollande 30 milliards d'exonération de charge, 50 milliards de coupes sombres dans les dépenses publiques, et la suppression des cotisations sociales sur les salaires payés au SMIC, le voilà qui lâche un ballon d'essai pour un SMIC-jeune. Pourquoi se gêner, lorsqu'on est la figure de proue des élans libéraux d'un chef d'Etat élu par la gauche?


Le tollé provoqué par le patron du MEDEF ne change rien à l'affaire : son but est de poursuivre son offensive idéologique. Voilà un mois, le socialiste Pascal Lamy avait déjà suggéré le SMIC-jeune.

 

Il y a foule dans le marigot.

Saint-Aix
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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 10:31

Tout n'a pas encore été dit et écrit à propos des résultats du premier tour des élections municipales. Mais la limpidité des messages essentiels dont ils sont porteurs laisse peu de place à l'incertitude dans les analyses. Les entêtements libéraux de François Hollande et de sa majorité ont été sanctionnés. Tout simplement ! L'ancrage local d'un certain nombre de ses élus n'est parvenu qu'à atténuer – et encore pas partout – l'ampleur de la réprobation populaire, dont l'abstention n'est pas la moindre des expressions.

 

Claude Bartolone, président socialiste de l'Assemblée nationale, par ailleurs à la peine dans son entreprise de razzia sur les villes communistes en Seine-Saint-Denis, a ce froid constat : «Un peu partout en France, la jeunesse nous a manqué, les couches populaires se sont détournées, les classes moyennes nous ont évités, les banlieues et les campagnes se sont terrées. Il faut savoir entendre les silences».

 

Réagissant pour sa part aux commentaires de Jean-Marc Ayrault, l'ancien ministre Jean Glavany exprime une colère cinglante : «L'électorat de gauche s'est abstenu. Parce qu'il est de gauche et ne vote pas à droite. Mais parce qu'il est mécontent de la gauche qui gouverne et voulait lui mettre une taloche. Ça, c'est fait». Qui oserait classer Bartolone et Glavany parmi les «anti-socialistes primaires »?


Et François Hollande ? Fidèle à lui-même, il susurre qu'il a entendu les Français, en vertu de quoi il s'empresse de préciser qu'il garde le cap ! Le cap des 50 milliards de coupes dans les dépenses publiques. Le cap du cadeau de 30 milliards aux actionnaires, au nom du dogme du coût du travail.

Les conséquences sociales vont être terribles. Que de nouvelles injustices et souffrances en perspective pour «les gens d'en bas» !

 

La Corrèze aurait-elle expédié un inconscient


à l'Elysée ?

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 17:25

      L'évolution de la situation de l'Ukraine et de la Crimée rattachée à la Fédération de Russie, n'a même pas donné lieu à un bras de fer avec Poutine. Le chef du Kremlin avait toutes les cartes en main : l'histoire russophile de la Crimée ; les résultats implacables du référendum ; les tentatives avortées de l'Europe pour intégrer l'Ukraine dans le giron de Bruxelles ; la situation sociale et économique désastreuse de l'Etat ukrainien. La communauté européenne et Washington protestent et brandissent la menace de sanctions, mais d'opérette… 

   
Poutine a enfilé treillis et rangers. Mieux vaudrait lui opposer une issue politique et de coopération, y compris avec et pour l'Ukraine aujourd'hui sans avenir. 

     
Saint Aix
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 13:05

De fort mauvaises nouvelles accablent le moral de nombreux maires et candidats locaux, même s'ils s'efforcent de ne pas les évoquer dans leur campagne électorale. Les socialistes, parce qu'elles proviennent de leur gouvernement. Les gens de droite parce qu'ils les approuvent et en redemandent.


Elles concernent la réduction drastique des dotations de l'État aux collectivités territoriales, qui s'élèvent à près de 100 milliards par an. La baisse est à ce jour programmée, entre 2014 et 2016, à hauteur de 1,5 milliards annuellement. Mais elle s'avère insuffisante au regard de l'ampleur de la diminution des dépenses publiques décidées par l'État. S'y ajouteront donc 7 milliards supplémentaires d'ici 2017 ! Les dotations pour l'investissement et le fonctionnement seront frappées de plein fouet. Cela veut dire que des projets municipaux seront relégués à plus tard ou abandonnés, et que les services publics locaux seront mis à la diète. Pour mémoire, rappelons que 50 % du chiffre d'affaire du secteur B.T.P. proviennent des investissements des collectivités... À cet appauvrissement se joindra la peau de chagrin des co-financements sectoriels directs de l'État pour la réalisation de projets territoriaux.


Cette politique super-austéritaire n'a qu'un but : financer les privilèges fiscaux et sociaux accordés aux entreprises et à leurs actionnaires dans le cadre du "Pacte de responsabilité" conclu entre François Hollande et le MEDEF. 50 milliards devront être "dégagés" à cet effet, intégrant la compensation budgétaire des 30 milliards de cadeaux relevant de l'exonération des cotisations familiales. Aux "efforts" imposés aux collectivités locales, s'additionneront les nouvelles recettes issues de la T.V.A., et les coupes sombres dans les budgets de la Sécurité Sociale.


Non seulement, ces avalanches de régressions économiques et sociales charrient l'injustice comme les nuées portent l'orage, mais, de plus, elles ruinent la croissance et aggravent... le chômage !


Le changement, c'était pour hier, à l'époque des belles paroles électorales. Maintenant, sonne l'heure des mobilisations pour les résistances et les contre-offensives sociales.


  La construction et l'avènement d'une Sixième République demeurent  des conditions majeures pour réaliser de profonds changements démocratiques dans la société française.


Christian AUDOUIN
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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 20:25

Deux ans après son installation triomphale, l'équipe gouvernementale est usée jusqu'à la corde. Elle devrait bientôt disparaître de la circulation. Seules, les élections municipales retardent l'échéance du remaniement.
Le Journal du Dimanche publie une enquête sur la cote de chaque ministre. Les derniers de la liste sont les premiers à barouder sur le front de l'austérité : Moscovici, Sapin, Cazeneuve... Comme quoi, l'identité des personnes importe peu dans l'affaire. Si Fabius, le mieux noté, était à Bercy, il serait en queue de liste à la place de Moscovici. La crise gouvernementale n'est qu'une traduction de l'impopularité de la politique libérale en vigueur ; celle qui conduit Hollande et Ayrault à toucher le fond dans les sondages.

Saint Aix
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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 10:19

pierre laurent

PIERRE LAURENT :

 

Nous assistons à l'amplification d'une offensive convergente du Medef et de toutes les forces de droite et d'extrême droite pour mettre à bas l'ensemble de notre modèle social et républicain.

Ces forces se sentent pousser des ailes pour trois raisons.

 

La précarisation très profonde de la société, provoquée par la crise et leurs réponses capitalistes à cette crise, déstabilisent les consciences. Le pays doute des principes d'égalité et de développement social solidaire, ou en tout cas de la possibilité de les développer. Les forces réactionnaires pensent pouvoir s'engouffrer dans la brèche et engranger tous les reculs possibles.


Deuxièmement, ces forces se sont totalement décomplexées à la faveur des années Sarkozy et de la banalisation orchestrée du Front national depuis l'élection de Marine Le Pen. Des passerelles idéologiques nouvelles se sont mises en place. Les manifestations
réactionnaires fédèrent désormais des courants très divers.


Enfin, cette offensive, avec cette ampleur et cette agressivité, ne serait pas possible si elle ne pouvait compter sur la totale démission de François Hollande et de ceux qui l'entourent au gouvernement face aux forces de la finance et aux forces libérales européennes. Les renoncements gouvernementaux légitiment idéologiquement les thèmes de droite, découragent, démobilisent et divisent les forces démocratiques et sociales qui devraient faire face ensemble à cette offensive d'ultra-droite. Les forces de droite et d'extrême droite tentent de profiter de cette situation pour enfoncer durablement le clou en exploitant les angoisses que ce sentiment d'abandon génère dans le monde du travail. Elles cherchent aussi à récupérer la critique du système en se parant pour une part du label «anti-système».


En vérité, elles constituent son meilleur allié, car toutes ces forces ont un point commun:
exonérer la finance et le capital de leurs responsabilités dans la crise pour, sans cesse, avancer des explications qui divisent et opposent les Français entre eux, les peuples européens entre eux, les exploités du monde entier entre eux. Or,


il n'y aura de sortie de crise

qu'en rassemblant tous les exploités

face à la poignée de privilégiés


qui tirent profit de cette crise. Ceux qui se prétendent « hors système » et détournent le plus grand nombre de la mise en cause des responsabilités du capital, divisent le pays au lieu de l'unir. Ils préparent, si on les laisse faire, une domination durable du capital à la faveur de la crise politique actuelle. C'est une offensive profonde et dangereuse à laquelle


on ne pourra répondre au fond qu'en reconstruisant le rassemblement populaire autour de réponses solidaires à la crise actuelle, des réponses alternatives authentiquement de gauche.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 07:53

Branle-bas de combat à La Souterraine, où les salariés de l'entreprise Altia présentaient récemment aux élus locaux la situation de leur entreprise. Elle a été mise sur la paille par ses propriétaires au travers d'un système de ponction et de détournement, concernant y compris les fonds publics dont elle a été gorgée. La C.G.T. exige leur remboursement. Pressés de bouger, les parlementaires présents ont promis d'écrire au ministre de l'Économie pour que l'exigence soit examinée. Ils se disent eux aussi en colère. Tant mieux !

 

Pourquoi alors ont-ils voté sans sourciller les 20 milliards de crédit d'impôt accordés sans contrôle aux actionnaires, ceux d'Altia inclus ?

 

Vont-ils aussi voter le cadeau porté à 35 milliards d'exonération des cotisations familiales, déjà décidé par l'Élysée et Matignon et dont profitera une fois de plus Altia ?

 

Dr. Jekyll à La Souterraine, Mr. Hyde à Paris...


Saint Aix
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 12:53

Encore un « choc » dans la boîte à malices gouvernementale. C'est de « choc de mobilisation » qu'il est question pour le Premier ministre. Il appelle « les partenaires sociaux » à se mettre d'accord en urgence sur le pacte de responsabilité. Le choc est plutôt unilatéralement réservé aux syndicats de salariés, sommés de s'entendre avec le Medef dans une négociation aux dés pipés.  

Pierre Gattaz ne s'est-il pas vu attribuer par le chef de l'Etat

35 milliards de baisse de cotisations,

avant toute discussion avec des salariés laissés nus comme des vers ?


On frise la non assistance à catégories sociales mises en danger.

 

Saint-Aix

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