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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 13:14

Invité sur les ondes d’Europe 1 à répondre aux questions d’Arlette Chabot, Alexis Tsipras est venu tordre le cou aux idées reçues colportées par la bonne société sur son mouvement, sur la Grèce, les aspirations du peuple grec, etc. Il a notamment souligné que les déclarations du quai d’Orsay étaient contraires aux engagements électoraux du candidat François Hollande.

 

 


Hollande peut devenir "Hollandréou" par Europe1fr

 

extrait du blog http://www.placeaupeuple2012.fr

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 06:59

Au lendemain de la rencontre entre François Hollande et Angela Merkel, à quelques jours du sommet européen du 23 mai, les jours qui viennent s'annoncent décisifs pour l'avenir de l'Europe.

 

Après les résultats électoraux en France, en Grèce et en Allemagne, des millions d'européens attendent une renégociation sérieuse du pacte Sarkozy/Merkel.

 

Pour répondre aux attentes, elle doit compter un abandon des politiques d'austérité qui plombent la croissance et la justice sociale, un rôle nouveau de la banque centrale européenne au service d'un développement solidaire, une émancipation de la tutelle des marchés financiers.

 

Lundi 21 mai, sous l'égide du Parti de la Gauche Européenne, le Front de gauche aura le plaisir d'accueillir en France Alexis Tsipras, Président du Groupe Syriza au Parlement grec.

 

Ensemble, nous rendrons publiques nos propositions pour une réorientation sociale, écologique et démocratique de l'Europe et lancerons un appel à l'unité de toutes les forces disponibles pour agir en ce sens en Europe dans ce moment crucial.

 

Une conférence de presse réunissant Alexis Tsipras, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et les responsables du Front de gauche, aura lieu à 15 heures à l'Assemblée nationale. En présence de Roland Muzeau et des député-e-s Front de gauche à l'Assemblée nationale.

15h00 : 1er Bureau – Assemblée Nationale

 

 

A 18h 30, un rassemblement public se tiendra devant l'Assemblée nationale.

Place Edouard Hériot.

 

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du PGE

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 18:50

Il n'y aura pas d'accord pour le premier tour des élections législatives entre le PS et EELV d'un côté et la coalition formée par le Parti Communiste et le Parti de Gauche de l'autre.


 

C'est fort regrétable!!!

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 06:55

Le Front de gauche est prêt à signer

 


anti-fn.jpgDepuis maintenant une semaine, des discussions sont engagées entre les partis du Front de gauche, le Parti socialiste et Europe écologie les verts pour désigner des candidatures uniques de la gauche dès le premier tour des élections législatives dans le cadre d'un accord concernant les circonscriptions où il existe un risque Front national ou d'élimination de la gauche au second tour.

 

Si chaque partenaire prend sa part d'effort, l'accord est désormais possible à toute heure. Pour y parvenir, le Front de gauche, qui a formulé des propositions concernant 29 circonscriptions, a décidé hier un ultime effort qui fait que l'équilibre de cette répartition fait désormais consensus. Il n'y a donc plus de raison de tarder.

 

Le Front de gauche est prêt à signer l'accord aujourd'hui. Tout délai et à fortiori tout échec seraient incompréhensibles.

 

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,

Martine Billard, co-présidente du Parti de gauche.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:34

airau.jpg Jean-Marc Ayrault a été nommé Premier ministre. Au nom du PCF, je veux le féliciter pour cette nomination qui met fin à dix ans de pouvoir de la droite, au service de politiques toujours plus dures pour nos concitoyens.

 

 

 

Les urgences du pays sont grandes. Dans l'attente d'élections législatives dont l'issue sera déterminante, l'action du gouvernement que formera Jean-Marc Ayrault devra s'y attaquer sans attendre. Au delà, je forme le vœu que son action réponde aux attentes de tous ceux qui ont fait la victoire de la gauche le 6 mai dernier, en entreprenant les réformes structurelles nécessaires, et en agissant pour la réorientation indispensable de la construction européenne.


Chaque mesure qui ira dans le sens de plus de solidarité et de progrès social trouvera notre soutien. Nous serons tout aussi exigeants et déterminés chaque fois que ce ne sera pas le cas.

 

Par Pierre Laurent, le 15 mai 2012

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 17:22

 

fn

Vendredi matin sur Europe 1, Marine Le Pen a tenté d’ironiser sur l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon à Hénin Beaumont : "C'est un SCF, un sans circonscription fixe, il cherche la circonscription la plus gagnable", a-t-elle dit. Quel aveu de perdante !

 

Bel et rare accès de lucidité. La patronne du FN sait que Jean-Luc Mélenchon vient faire le boulot : celui de conserver dans le giron de la gauche une circonscription où la gauche a fait 60% au 2ème tour de la présidentielle.

 

Il ne doit pas y avoir un seul député de la haine élu à l’assemblée nationale le 17 juin prochain. Le front de gauche, avec Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont s'y opposera de toutes ses forces.

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 07:31

Patrick Nivet, candidat MRC dans la 10ème circonscription de Gironde a giflé la candidate du Front de gauche Marie-Laurence Arnaud.

Nous condamnons cet acte au caractère sexiste évident. Aurait-on assisté à la même violence entre deux candidats ? Sans doute pas, car l’auteur de la gifle s’exposait à des représailles et il le savait.

Patrick Nivet a dit regretter son geste et a présenté ses excuses à Marie-Laurence Arnaud (PG) qui a porté plainte contre lui. Mais on ne peut admettre un tel comportement en politique comme dans la sphère privée, et nous demandons à ce responsable politique de retirer sa candidature aux élections législatives.


Un tel geste ne peut et ne doit pas être banalisé. Il doit être dénoncé et sanctionné.


On assiste de plus en plus à des attitudes ou des propos machistes dans notre société qui ouvrent la porte à tous les débordements permettant de justifier la place infériorisée des femmes.

De la même manière, le journaliste Pierre Salviac qui n’en est pas à son premier propos injurieux qu’il soit sexiste ou homophobe, vient d’être licencié, à juste titre, par RTL pour avoir posté un twitt plus que sexiste et dégradant à l’encontre de Valérie Trierwerler, compagne du nouveau Président élu.

 

Nous refusons de tels agissements qui empêchent toute évolution de la société.

Nous devons ensemble défendre une société d’émancipation humaine dont le socle est l’égalité entre les femmes et les hommes.


Ce sont les valeurs du Front de Gauche que nos candidates et candidats aux législatives porteront haut et fort.

 

« Féministes du Front de gauche ».

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:36

L'élection de 2007 nous laissait une droite en position d’hégémonie politique, un PS déstabilisé, un PCF donné pour mort, des écologistes et un FN agonisants. Le centre droite de Bayrou et l’extrême gauche de Besancenot étaient alors perçus comme les acteurs d’avenir d’une recomposition annoncée de l’échiquier politique français.

En cinq années d’une crise mondiale et européenne d’une violence sans précédent, ce paysage électoral et politique a été profondément bouleversé. Durant cette période, pas moins de quatre nouvelles forces politiques sont nées, avec l’ambition affichée de changer le rapport des citoyens à la politique : le Modem, le NPA, EELV et le Front de gauche.

Aujourd’hui, au lendemain de l’élection présidentielle de 2012, il est nécessaire de faire un point d’étape sur quelques éléments marquants de l’état du paysage politique et électoral, en focalisant sur la participation électorale, le rapport droite-gauche et le Front de gauche.


La participation électorale

Alors que les législatives de 2007, les municipales de 2008, les cantonales de 2008 et 2011, les européennes de 2009 et les régionales de 2010 ont été marquées par les pires taux de participation de la Ve République, le 1er tour de l’élection présidentielle de 2012, sans atteindre le record de 2007, affiche une participation supérieure à celle de 2002 et de 1995..

Ce résultat est d’autant plus remarquable que les médias dominants avaient mené campagne en faveur de l’abstention. Ils ont, en effet, tout fait pour éloigner les citoyens des urnes : annonce d’une participation calamiteuse, organisation du débat autour de sujets éloignés des préoccupations majeures des Français. Ils ont asséné en boucle que, quel que soit le résultat, une seule politique était possible : l’austérité et la baisse des dépenses publiques.
Si nos concitoyens continuent à plébisciter le scrutin présidentiel alors que pour toutes les autres élections l’abstention ne cesse de croître, c’est probablement parce qu’ils pensent, à tort ou à raison, que seule cette élection leur permet de peser sur les choix politiques majeurs de leur pays.

 

Le rapport gauche-droite

La gauche, en rassemblant au 1er tour 43,75 % des exprimés – plus 7,31 % par rapport à 2007 – atteint son plus haut score depuis 1988, alors que la droite hors FN plafonne à 38,1 % – moins 15 % sur 2007 –, ce qui la remet à son niveau de 2002. Dès les législatives de 2007, d’élection en élection, à l’exception des européennes de 2009, la droite a connu une descente aux enfers continue. Dans le total gauche, le PS représente 65,44 % des voix de gauche contre 71 % en 2007. A l’inverse, le Front de gauche pèse pour 25,37 % du total gauche, alors qu’en 2007 le PCF ne représentait que 5,3 % des voix de gauche.

La dynamique acquise par la gauche au premier tour vient effectivement du Front de gauche, qui s'affirme comme le moteur de la gauche. C’est pourquoi il est raisonnable d’affirmer que la victoire de Hollande au 2e tour n’aurait pu être acquise sans la percée électorale du Front de gauche.

 

Le Front de gauche

Avec 11,1 % des exprimés – 11,3 % en métropole –, le Front de gauche est à un score intermédiaire entre celui du PCF en 1995 (8,64 %) et celui de 1981 (15,35 %). Si la géographie des zones de force de Front de gauche correspond globalement à la carte du vote communiste, on observe des percées spectaculaires dans le Sud-Ouest, en Alsace, à Paris où Jean-Luc Mélenchon dépasse le score de Georges Marchais en 1981. Selon les sondages, entre 17 % et 21 % des 18/24 ans, de 19 % à 21 % des ouvriers, de 12 % à 16 % des professions intermédiaires, de 12 % à 15 % des cadres, 21 % des habitants en HLM auraient voté Front de gauche. Par contre, seulement de 6 % à 9% des plus de 65 ans auraient mis un bulletin Jean- Luc Mélenchon dans l’urne. Le Front de gauche rassemble 39 % des électeurs des sympathisants de la CGT.

Comme l’a reconnu Le Figaro, au lendemain du 1er tour, « le Front de gauche s’affirme en force incontournable à gauche ». Ce constat clinique doit susciter de notre part de fortes ambitions aux législatives, tant en termes de scores que d’élus.

Lorsqu’on regarde commune par commune, canton par canton, on voit que la répartition des 3 984 822 électeurs du Front de gauche dépasse largement le périmètre de l'addition des électeurs à la gauche du PS de 2007 comme de 2002. En plaçant son programme L’humain d’abord sur le terrain des solutions et de la cohérence, en liant les institutions, le social, l’économique et l’écologie, le Front de gauche a su gagner de nouveaux électeurs de gauche, en particulier dans la jeunesse, en entrant en résonance avec les aspirations à produire, échanger et répartir autrement les richesses.

Le combat engagé par le Front de gauche contre le FN est fondamental. En effet, laisser contaminer la revendication sociale et le combat contre le libéralisme par la xénophobie et le racisme ne peut conduire qu’à oblitérer toute perspective de transformation sociale dans notre pays et en Europe. C’est tout le projet de la Fondation Terra Nova.

Certes, l’objectif de dépasser le FN n’a pas encore été atteint. Mais pour la première fois dans une présidentielle, la lutte contre le FN n’est plus seulement menée sur le terrain moral en s’enfermant dans le couple diabolisation-victimisation de l’électorat lepéniste : elle est enfin menée sur le terrain politique. Ainsi, la question devient alors de savoir si face à la crise la solution est de se faire une place dans la société au détriment d’autrui, de l’étranger, du plus pauvre que soi, ou si l’on change la société, ses rapports sociaux, ses institutions, en révolutionnant la République et en donnant véritablement le pouvoir aux citoyens.

 

Yann Le Pollotec

 

Article paru dans CommunisteS numéro 478

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 17:23

Je commence par redonner le texte de mon intervention prononcée le soir de l’annonce des résultats dimanche soir. Je n’ai pas changé d’analyse depuis ce premier regard à 20 heures dimanche. Puis je dis un mot sur ce que j’ai capté de l’étrange ambiance de ce dimanche soir. Cette liesse au goût finalement si étrange me laisse perplexe. Et je viens sur l’actualité européenne qui s’est nouée en même temps que notre élection présidentielle, en Grèce et en Allemagne.

 
« Ouf, Sarkozy, c'est fini, enfin ! Ainsi est réglé le compte du fossoyeur des acquis sociaux et des services publics de notre République. Sa défaite est celle de son projet d'extrême-droitisation. C'est une très bonne nouvelle pour la France et pour l'Europe. Le monde, qui nous regarde connaît de nouveau l'audace des Français. Une page est tournée. Une autre commence pleine d'exigences. Je félicite François Hollande pour son élection. Son avantage lui donne les moyens d'agir. Je souhaite le meilleur au nouveau président comme à notre pays.

 
J'adresse un salut reconnaissant à la résistance acharnée du mouvement social qui a préparé cette victoire. Les syndicalistes ont ce soir le dernier mot contre celui qui les menaçait. Je félicite les quatre millions d'électeurs du Front de Gauche dont les votes ont fait la décision aujourd'hui. Au même moment ce soir, notre parti en Grèce passe en 1ère position de la gauche. La leçon de cette heure est que pour sortir de la crise de la civilisation capitaliste les peuples cherchent une issue à gauche.


C'était bien une manipulation que la place honteusement accordée aux thèses de l'extrême droite entre les deux tours. Le Front national n'est pas du côté du monde du travail. Ses électeurs ont voté Sarkozy. Ses chefs ont déserté avec leurs bulletins blancs. Le Front de Gauche s'engage, autonome et conquérant, pour que la défaite de la droite et l'élection de François Hollande devienne la victoire des exigences aigües qui viennent de s'exprimer. Les élections législatives doivent approfondir notre victoire. Le Front de Gauche en est l'outil fidèle. Tout commence à présent pour la France et pour notre gauche. Place à la fraternité ! Place au peuple! »


Drôle de soirée électorale. La défaite de Nicolas Sarkozy a fait s’exhaler un soulagement universel et une formidable bouffée d’envie de vivre autrement. Mais c’est tout. Je veux dire qu’il n’y avait rien qui ait ressemblé à ce que fut 1981 dont le souvenir a pourtant été beaucoup sollicité par les commentaires. En 1981 la gauche avait un programme commun et comptait faire le socialisme. Personne ne sait ce que l’on compte faire au juste à présent. Je veux dire que c’est la première fois que les socialistes gagnent sans aucun projet de société ni aucune réforme emblématique. La pluie des truismes et des mots creux s’est donc vite diluée dans le vide. Et la soirée a vite tourné en rond sur les plateaux de télé. Les dirigeants socialistes n’avaient rien à dire sinon leur émotion et leur compassion pour la tristesse du camp d’en face. Noble retenue et fair-play en bronze antique. Le camp d’en face n’avait rien à dire non plus sinon sa déception et son émotion. Noble fair-play et retenue en marbre antique. Ces salamalecs mutuels, coupés de petites remontées du gaz de la campagne électorale lassèrent vite. Impossible de lancer un débat. J’ai pu en faire l’expérience. A la Bastille, on vit la tribune, une magnifique rangée de costards cravates masculins, recommander à la foule de ne pas rater le dernier métro. Sur les écrans tout échange était sans cesse interrompu par des images à vocation palpitante mais qui, en vérité, rendait totalement virtuelle la réalité qu’elle prétendait cerner au plus près : « la voiture de François Hollande va démarrer ! La voiture a démarré. La voiture roule suivie par de nombreux motards. Les motards sont nombreux qui suivent la voiture. La voiture accélère devant les motards qui roulent en nombre derrière la voiture ». Puis ce fut « l’avion de François Hollande va décoller ! L’avion a décollé » et ainsi de suite. Comme le souvenir de cette immense liesse est encore très frais, respectons la trace de ses vibrations teeeeeellement émouvantes. Mais il est impossible à l’observateur qui a de la mémoire et de la culture de gauche de ne pas se sentir perplexe. Quels mots trouver pour rendre compte de cette étrange ambiance ? « On l’a viré, on l’a viré » lancèrent les nôtres sur l’air de « on lâche rien ». Il est vrai qu’ils se lassaient des « on a gagné, on a gagné » trop platement footballistique à leur goût. La foule reprenait de bon cœur ce résumé du sens de la soirée. Sur la place de la Bastille des groupes de militants socialistes venaient saluer les nôtres amicalement. Beaucoup remerciaient nos camarades venus, avec leurs drapeaux, se joindre au rassemblement. Mais pour les chefs socialistes : le Front de Gauche, quézaco ?


Ils, elles, remercient les « humanistes », et même le Modem, sans oublier « nos amis écologistes ». Bref tout ce qui compte pour du beurre dans le résultat et dont il est possible de caresser la tête sans risque. Mais le « Front de Gauche » ? C’est le parent qui fait honte ? On dirait bien. A moins qu’il soit considéré comme peu avouable de lui devoir autant ! Car il y avait un constat chiffré pourtant facile à faire. Mais j’admets qu’il avait du mal à trouver sa place entre l’observation des mouvements de la voiture de François Hollande, des motos et de l’avion, sans oublier l’émotion des uns et la déception des autres. Un fait qui ne nécessite que des connaissances mathématiques rudimentaires. Nicolas Sarkozy a été battu par le Front de Gauche. Car si l’on retire nos quatre millions de bulletins de vote, François Hollande ne recueille que 40,2 % des voix. Au deuxième tour on élimine. Nous l’avons fait. Nous avons éliminé Sarkozy. Combien « d’humanistes, de Modem » et même de « nos amis écologistes » aurait-il fallu rassembler pour compenser cette masse politiquement active et déterminée au point d’aller mettre un bulletin de vote qui ne la représentait pas ? Le résultat est assez serré pour que nous puissions rappeler notre décisive existence à quelques désinvoltes.


Comment et pourquoi faire ? Nous n’avons pas éliminé Nicolas Sarkozy pour nous contenter d’une soirée de sortie place de la Bastille avant le dernier métro. Maintenant il faut donner au peuple la part à laquelle sa victoire lui donne droit. C’est-à-dire du pognon et des services publics, pour résumer l’affaire ! Comme l’élection législative arrive c’est le moment de le dire avec un bulletin de vote. Nous allons donc commencé par aller rechercher ceux qui ont voté avec nous à l’élection présidentielle. Et nous allons sollicité ceux qui ont hésité et choisi au dernier moment de voter Hollande en pensant se donner une garantie de victoire contre Sarkozy. Cette fois-ci, il s’agit d’assurer le coup à gauche. Ils peuvent le faire sans risque réel ou supposé en votant pour que ça change vraiment avec une gauche qui sert les objectifs de l’humain d’abord. Nous allons leur proposer de se donner une garantie à gauche en élisant nos députés. Ces députés-là ne lâcheront rien. Ils continueront le travail commencé en chassant Nicolas Sarkozy. Plus il y en aura, meilleur sera le rapport de force quand commencera la négociation sur le SMIC, la discussion avec madame Merkel et ainsi de suite. Elire des socialistes n’améliore pas le rapport de force avec la droite. Tout au plus cela confirme le niveau minimum de leur programme. Avec nous c’est le bond en avant, une nouvelle ligne d’attaque bien avancée. C’est l’ambiance de ce moment. Voir la Grèce.


Le vote des grecs intervenait dimanche lui aussi. Le résultat a placé en tête de la gauche l’organisation sœur du Front de Gauche en Grèce. Syriza est passé de 4,5% des suffrages en 2009 à 18% cette fois-ci. Mais les néo-nazis ont recueilli 6,5% des voix. La presse libre indépendante et éthique tire donc la leçon essentielle de cette situation : c’est une percée de l’extrême droite ! La même machine à nier la réalité qui a fait en France les beaux jours de madame Le Pen s’est mise en mouvement. Pourquoi ? Parce que ces journalistes-là aiment par-dessus tout ce qui fait sensation. Et comme leur éthique et préférence personnelle, dont on devine les racines, les tournent plutôt de ce côté de l’échiquier, ils joignent l’utile à l’agréable. Il est frappant de voir comment ceux qui se sont livrés à toutes les provocations contre le Front de Gauche sont les premiers à courir devant pour faire des arpèges sur la « percée des nazis grecs ». La palme au journal « Le Parisien » qui fit une campagne assidue contre le Front de Gauche en général et contre moi en particulier. Il est vrai qu’il a, de longue main, ses tendresses pour l’extrême-droite des comptoirs de bistrot. Il titre donc dans un souffle « l’extrême-gauche et les néonazis font une percée en Grèce ». La même ? Comme ils aimeraient que ce soit le cas ! Il mentionne à la treizième ligne le score de Syriza. Mais ce sera la seule référence à son succès. Tout le reste est consacré à faire des phrases sur « les néonazis », avec photo en gros plan de l’énergumène qui les dirige. Elle n’est pas belle l’information populaire ? Parler pour ne rien dire de vrai et faire lire pour ne rien apprendre.


L’essentiel est dans la conjonction des faits. En France la majorité se tourne vers la gauche pour régler les problèmes qui résultent de la politique européenne des libéraux. Mais c’est le PS qui est préféré. Nous assurons la défaite de la droite sans contrepartie. Nous n’entrons pas au gouvernement. Exactement ce qu’a fait avant nous Syriza face à la droite et sous le pouvoir socialiste soumis aux plans d’austérité européen. Contre vents et marées. Et même au prix d’une scission du parti. Une minorité préféra en effet une ligne plus accommodante avec le Pasok, le parti socialiste grec. Cette aile vient de recueillir 6% des suffrages. Un gachis ! Il n’en reste pas moins que nous avons battu le parti socialiste grec de Papandréou. Et nous sommes à une portée de cailloux derrière la droite. La droite n’a pas de partenaire pour former une majorité. Placé en tête de la gauche, Syriza a proposé à toutes les autres formations de gauche de constituer un gouvernement ensemble. Exactement ce que nous aurions fait si nous avions été placés dans la même position. Pour passer de Papandréou à Syriza il aura fallu trois ans et de la fermeté politique. Cette trajectoire me paraît annonciatrice pour bien des régions d’Europe.


Quelques heures à peine ont passé et madame Merkel a commencé son bras de fer avec le nouveau président français tout juste désigné par le suffrage universel. Pas question de renégocier le pacte d’austérité, dit-elle, puisque vingt-cinq pays l’ont déjà ratifié ! Oui mais, il lui était seulement demandé un « additif » au traité. Michel Sapin avait bien précisé : juste un additif ! Un simple document qui s’engagerait sur des objectifs de croissance. Ou même seulement sur l’idée qu’il faudrait aussi de la croissance. Nein ! Pas question non plus. Elle en a même rajouté. Elle veut bien qu’on parle de croissance mais à sa manière à elle. Une grosse sauce libérale pur jus. Hollande aurait juste le droit de répéter les choses humiliantes que l’italien Mario Monti a déjà été contraint de signer il y a peu. Il est vrai qu’il s’était permis quelques grognements de protestation contre la politique d’austérité. Lui aussi ! Un libéral si avancé. Un doctrinaire de première ! Quelle déception ! On lui a vite cloué les mains sur la table. Il a dû aussitôt jurer qu’il renonçait à toute politique de relance par la dépense publique. Il avait dû promettre que seule une politique de réformes structurelle et une relance de l’innovation et de l’augmentation de la compétitivité serait appliquée. Ce néant de Van Rumpuy, prétendu président de l’Union Européenne est même alors sorti de sa naphtaline pour croasser ! On l’entendit asséner que la politique d’austérité était la seule base acceptée pour toutes les politiques en Europe. De tout cela, combien de fois en avons-nous traité ici même, ces temps derniers ! Quels sourires condescendants nous ont accueillis les rares fois où les commentateurs se sont intéressés à l’Europe. Vingt-quatre heures après l’élection de François Hollande voici qu’il doit répondre aux questions que l’on ne posait qu’à moi : « Que ferez-vous si les allemands ne sont pas d’accord ». Comme on le sait ma réponse était « irréaliste » et le « vote utile » y a mis bon ordre. Admirons donc la suite réconfortante de la mise à l’écart de nos solutions.

 

texte de Jean-Luc Mélenchon publié le 8 mai 2012

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 06:45

Ainsi est réglé le compte du fossoyeur des acquis sociaux et des services publics de notre République. Sa défaite est celle de son projet d'extrême-droitisation. C'est une très bonne nouvelle pour la France et pour l'Europe. Le monde, qui nous regarde connaît de nouveau l'audace des Français. Une page est tournée.

 

Une autre commence pleine d'exigences.

 

Je félicite François Hollande pour son élection. Son avantage lui donne les moyens d'agir. Je souhaite le meilleur au nouveau président comme à notre pays.

 

J'adresse un salut reconnaissant à la résistance acharnée du mouvement social qui a préparé cette victoire. Les syndicalistes ont ce soir le dernier mot contre celui qui les menaçait.

 

Je félicite les quatre millions d'électeurs du Front de Gauche dont les votes ont fait la décision aujourd'hui.

 

Au même moment ce soir, notre parti en Grèce passe en 1ère position de la gauche.

 

La leçon de cette heure est que pour sortir de la crise de la civilisation capitaliste les peuples cherchent une issue à gauche.

 

C'était bien une manipulation que la place honteusement accordée aux thèses de l'extrême droite entre les deux tours.

 

Le Front national n'est pas du côté du monde du travail. Ses électeurs ont voté Sarkozy. Ses chefs ont déserté avec leurs bulletins blancs.

 

Le Front de Gauche s'engage, autonome et conquérant pour que la défaite de la droite et l'élection de François Hollande devienne la victoire des exigences aigües qui viennent de s'exprimer.

 

Les élections législatives doivent approfondir notre victoire. Le Front de Gauche en est l'outil fidèle.

 

Tout commence à présent pour la France et pour notre gauche.

 

Place à la fraternité ! Place au peuple !

 

 

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