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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 10:19

pierre laurent

PIERRE LAURENT :

 

Nous assistons à l'amplification d'une offensive convergente du Medef et de toutes les forces de droite et d'extrême droite pour mettre à bas l'ensemble de notre modèle social et républicain.

Ces forces se sentent pousser des ailes pour trois raisons.

 

La précarisation très profonde de la société, provoquée par la crise et leurs réponses capitalistes à cette crise, déstabilisent les consciences. Le pays doute des principes d'égalité et de développement social solidaire, ou en tout cas de la possibilité de les développer. Les forces réactionnaires pensent pouvoir s'engouffrer dans la brèche et engranger tous les reculs possibles.


Deuxièmement, ces forces se sont totalement décomplexées à la faveur des années Sarkozy et de la banalisation orchestrée du Front national depuis l'élection de Marine Le Pen. Des passerelles idéologiques nouvelles se sont mises en place. Les manifestations
réactionnaires fédèrent désormais des courants très divers.


Enfin, cette offensive, avec cette ampleur et cette agressivité, ne serait pas possible si elle ne pouvait compter sur la totale démission de François Hollande et de ceux qui l'entourent au gouvernement face aux forces de la finance et aux forces libérales européennes. Les renoncements gouvernementaux légitiment idéologiquement les thèmes de droite, découragent, démobilisent et divisent les forces démocratiques et sociales qui devraient faire face ensemble à cette offensive d'ultra-droite. Les forces de droite et d'extrême droite tentent de profiter de cette situation pour enfoncer durablement le clou en exploitant les angoisses que ce sentiment d'abandon génère dans le monde du travail. Elles cherchent aussi à récupérer la critique du système en se parant pour une part du label «anti-système».


En vérité, elles constituent son meilleur allié, car toutes ces forces ont un point commun:
exonérer la finance et le capital de leurs responsabilités dans la crise pour, sans cesse, avancer des explications qui divisent et opposent les Français entre eux, les peuples européens entre eux, les exploités du monde entier entre eux. Or,


il n'y aura de sortie de crise

qu'en rassemblant tous les exploités

face à la poignée de privilégiés


qui tirent profit de cette crise. Ceux qui se prétendent « hors système » et détournent le plus grand nombre de la mise en cause des responsabilités du capital, divisent le pays au lieu de l'unir. Ils préparent, si on les laisse faire, une domination durable du capital à la faveur de la crise politique actuelle. C'est une offensive profonde et dangereuse à laquelle


on ne pourra répondre au fond qu'en reconstruisant le rassemblement populaire autour de réponses solidaires à la crise actuelle, des réponses alternatives authentiquement de gauche.

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