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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 06:35

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C’est entendu, le gouvernement français ne réclamera pas la tête de la patronne du FMI, quand bien même elle serait mise en examen aujourd’hui dans l’affaire de l’arbitrage Tapie/Adidas.

 

Selon le Canard enchaîné, c’est François Hollande en personne qui en a donné l’ordre. Ce qui explique mieux pourquoi Pierre Moscovici a déclaré hier que Christine Lagarde conservait «la confiance des autorités de l’Etat», bien que Bercy envisage de déposer un recours en nullité.

 

Pour mémoire, s’estimant lésé dans la vente d’Adidas au Crédit lyonnais, Bernard Tapie avait, grâce à l’intervention de celle qui était alors ministre des Finances de Nicolas Sarkozy, empoché la somme exorbitante de 400 millions d’euros, avec intérêts. De quoi s’acheter comptant un organe de presse, sans nul doute. Mais selon la procureure générale de la Cour de justice de la République, cet arbitrage était à la fois illégal et contraire aux intérêts de l’Etat.

 

Si les faits sont avérés, la conduite de Mme Lagarde devrait, en principe, révolter notre président, lui qui a tant parlé de l’exemplarité des institutions.

Seulement voilà, la question du «prestige» national importe plus à ses yeux, en ces temps où le scandale Cahuzac a retenti au-delà des frontières, tandis que l’on n’a rien oublié de la spectaculaire arrestation de DSK à New York. Conscient que cette fois, il y a peu de chances qu’un Français vienne remplacer Christine Lagarde, au cas où cette dernière viendrait à démissionner, le chef de l’Etat a fait son choix.

Il fait ainsi fi de la morale, autant que de ses promesses de campagne. Cela deviendrait-il une habitude ?

 

Mickaëlle JOUAULT dans l'Echo du 23 mai

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