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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 13:33

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La gouvernance austéritaire sur le dos des faibles et des moins fortunés, fait vibrer d'aise les beaux esprits. Pour Vincent Peillon, ex-ministre socialiste, la conversion de son parti au courant libéral et à l'austérité qui en résulte, procède «d'une révolution intellectuelle». A ce compte-là, mieux aurait valu que le PS renonce à toute forme de révolution ! Quant à Michel Barnier, commissaire européen et ancien ministre de Sarkozy, le choix de l'austérité appartient selon lui «au devoir d'intelligence nationale», ce qui invite à penser que ce technocrate a rompu les amarres à la fois avec l'attachement national et le sens commun de l'intelligence... Coluche aurait grincé : «Rigolez pas, c'est quand même ces types qui nous gouvernent, et avec notre pognon» !


Osons le dire tout net : les chantres de la baisse des dépenses publiques, de la réduction du pouvoir d'achat des catégories populaires, de la détérioration des prestations sociales, sont affligés d'aveuglement, d'insensibilité et de suffisance (ça fait en effet beaucoup...).

 

Aveuglement : depuis le temps que l'austérité est appliquée en Europe pour obéir aux «marchés», comment peuvent-ils ne pas admettre, face à l'évidence des faits, qu'elle produit précarité, chômage, pauvreté et chute de la croissance ?


Insensibilité : les mercenaires de l'austérité ont oublié, ou n'ont jamais connu à titre personnel, les affres et les dégâts du manque d'argent et de la pauvreté. Que savent-ils des fins de mois qui démarrent le 15 ou le 20, des arbitrages entre nourriture, carburant et loyer, du renoncement à certains soins, aux loisirs, aux vraies vacances ? Que connaissent-ils de l'image dégradée de soi, de l'appréhension du regard des autres, des tentations au repli ou à la fuite vers l'improbable ?


En mettant en selle un plan de 50 milliards «d'économies», en augmentant les taux de TVA, cette imposition des pauvres, le gouvernement, soutenu par la droite de «l'intelligence nationale», sans oublier Pierre Gattaz, contribue directement à la fabrication de millions de vies de souffrances et de tristesse... Et la suffisance, me direz-vous ? Terrible à constater : tout un pan de ces libéraux, anciens ou de fraîche date, pense que la misère est une mauvaise chose, mais que ceux qui la subissent doivent aussi s'en prendre à eux-mêmes, puisqu'ils «n'ont pas su réussir dans la vie». Regardez-nous, ajoutent nos beaux esprits accrocs de l'austérité pour les autres, ne sommes-nous pas la preuve que la réussite individuelle est à la portée de tout un chacun ?


Le « gel » des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, est devenu la pierre angulaire des virages anti-sociaux du gouvernement. La rigueur polaire n’est cependant réservée qu’aux gens du peuple car, pour la France des privilégiés, prédominent des températures tropicales. Il en est ainsi pour les actionnaires des sociétés du CAC 40 dont « les revenus en dividendes ne diminuent pas » (Le Monde du 7 mars). 81 % des 48 milliards de bénéfices nets leur sont en effet attribués… Il suffirait d’un an et demi de « gel » de ces versements pour injecter 50 milliards de recettes supplémentaires dans les caisses de l’Etat, et annuler ainsi les effets désastreux prévisibles du plan Valls, pour la consommation et le taux de croissance. Il n’en sera rien et Jaurès se retournera encore dans sa tombe…


Christian AUDOUIN
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